Quelques conseil pédagogiques à l’intention des résidents
Dr Kevin Busche
À titre de résident, vous passez probablement beaucoup de temps à enseigner, même si vous ne vous en rendez pas compte. Pensez au temps que vous passez dans les services ou les clinique à parler avec d’autres résidents, avec des commis et d’autres étudiants. La majorité d’entre nous (personnel et résidents) ont reçu peu ou pas de formation formelle en pédagogie pour améliorer notre enseignement.
Comme toute autre aptitude, votre enseignement peut être amélioré. Un de mes rôles est au Bureau de développement de la faculté de médecine à l’Université de Calgary. Mon travail consiste à développer et à présenter des ateliers destinés au corps enseignant et aux résidents qui cherchent à améliorer leurs aptitudes à l’enseignement. Quoique que je ne puisse pas, dans un bref texte écrit comme celui-ci, recréer un atelier, il y a quelques conseils que je peux offrir et que vous pouvez facilement mettre en pratique pour améliorer votre enseignement. Même si j’ai cadré ces conseils dans le contexte d’un enseignement avec des patients dans un environnement clinique, j’espère que vous constaterez que beaucoup de ces conseils s’appliquent dans tous les lieux d’enseignement.
Servez-vous des patients pour enseigner
Il est beaucoup plus efficace d’enseigner à des apprenants des questions qui ont rapport à un patient qu’ils viennent de voir que d’enseigner la même chose en isolation. Les étudiants adultes apprennent mieux quand ils apprennent des choses pertinentes. Les sujets enseignés dans un contexte immédiat d’un patient sont évidemment pertinentes et aideront vos apprenants.
Il y a aussi une composante émotive à l’enseignement reçu dans le contexte d’une vraie personne (le patient). Nous sommes tous programmés à nous rappeler des situations émotives; ça tient à notre neuroanatomie – plusieurs des structures sous-jacentes à notre expérience émotive sont aussi sous-jacentes à notre apprentissage et à notre mémoire. Nous nous rappelons tous du patient quand quelque chose ‘est allé de travers’ (avez-vous déjà les mains moites ? – c’est l’émotion qui parle !). Vraiment, il n’y a rien de différent avec ce patient : vous avez pris son historique, fait un examen, demandé des tests et assemblé un plan d’intervention, tout comme vous l’avez fait pour tous les autres patients que vous avez vus ce jour-là, cette semaine-là, ce mois-là et cette année-là. Par contre, nous nous rappelons ce patient à cause de l’impact émotif d’un mauvais résultat. L’autre exemple que je donnerais, c’est que nous nous rappelons tous des « grands jours » de notre vie : mariages, naissances et décès. Ces jours ne sont techniquement pas différents des autres jours de notre vie : chaque minute avait soixante secondes, chaque heure, soixante minutes. La raison pour laquelle nous nous souvenons si bien de ces journées-là, c’est le contenu émotif de ces grands jours.
Quand vous enseignez quelque chose à un étudiant à propos d’un patient que vous venez de voir, il est beaucoup plus facile de se souvenir et d’apprendre à cause de la superposition d’une composante émotive due à la relation avec un vrai patient. Il vaut beaucoup mieux enseigner la gestion de l’état épileptique après avoir aidé un patient en crise que dans une salle de conférence. Après chaque patient, prenez le temps de donner une courte leçon – emphase sur « courte » pour des raisons que j’expliquerai dans la prochaine section.
Enseignez une chose à la fois
Une chose que nous faisons tous, c’est d’essayer d’enseigner trop. Vraiment !
Pourquoi les numéros de téléphone ne contiennent-ils que sept chiffres de longueur (oui, j’ignore le code régional, mais, normalement c’est ça pour les appels locaux) ? Pour la majorité des gens, c’est la quantité d’information qui peut être conservée en mémoire fonctionnelle. Si nous tentons d’enseigner à un étudiant tout ce qui a trait à chacun des patients, il ne s’en souviendra pas – trop d’information crée une surcharge. Pour tout patient qui vous servira de sujet à l’enseignement, choisissez une chose que vous enseignerez. La profondeur, (renseignements détaillés sur un sujet), c’est beaucoup mieux qu’une revue superficielle d’un grand nombre de sujets différents qui s’appliquent à un même patient. Ne vous inquiétez pas de rater l’occasion de toute une vie pour vos étudiants ; combien de patients est-ce que l’étudiant rencontrera-t-il (et dont il apprendra) au cours de sa carrière ? Plusieurs ! Donc, à un moment dans l’avenir, il aura l’occasion de tout voir et de tout apprendre – il n’est pas nécessaire de tout couvrir aujourd’hui.
L’autre énorme avantage qu’il y a à s’obliger à « n’enseigner qu’une chose », c’est que ça rend votre enseignement plus efficace. Souvent, les gens qui assistent à des ateliers d’enseignement me disent qu’ils « n’ont pas assez de temps pour enseigner ». Souvent, c’est parce que, quand ils enseignent, ils tentent d’enseigner trop de choses.
Posez des questions
Les étudiants adultes apprennent mieux en apprentissage actif (nous apprenons mieux en réfléchissant par nous-mêmes aux choses qu’en écoutant quelqu’un d’autre en parler). Pour en profiter, vous devez vous conditionner à éviter de donner des mini cours chaque fois que vous désirez enseigner quelque chose. Obligez-vous à poser des questions aux étudiants à propos du sujet plutôt que d’offrir un résumé didactique. Pour éviter les questions du genre « devinez ce que je pense », il peut être utile de planifier d’avance. La majorité d’entre nous avons dans nos pratiques des choses en commun que nous enseignons souvent. Développer de bonnes questions d’avance (‘scénarios d’enseignement’) que nous pouvons utiliser à plusieurs reprises supprimera la nécessité de trouver des bonnes question à pied levé.
Un truc que je suggère aux gens quand ils posent des questions aux étudiants, c’est d’utiliser le pouvoir du silence. Une des erreurs les plus fréquentes qu’on fait en posant des questions auxquelles personne ne répond immédiatement, c’est de reposer la question ou d’y répondre soi-même. Ceci élimine immédiatement l’avantage possible de la promotion de l’apprentissage actif. Après avoir posé une question, … taisez-vous et comptez lentement jusqu’à dix en silence. Vos étudiants sont probablement en train de réfléchir et ils répondront sous peu. Nous craignons tous le silence. Durant cette pause de dix secondes, un des étudiants dira quelque chose qui commencera la discussion et la session d’enseignement avancera. Essayez-le – vous serez étonné du résultat !
Il y a, évidemment, beaucoup plus à apprendre sur l’enseignement. Je vous encourage à chercher et à profiter d’autres occasions de développement au sein de votre institution ; chaque école a une forme de programme de formation pour vous aider à devenir un meilleur enseignant.
Prenez plaisir à enseigner !
Kevin Busche BSc MD FRCPC est le Coordonnateur de l’UME, Bureau du développement de la faculté de médecine de l’Université de Calgary. Il est aussi professeur agrégé de clinique en Division de neurologie de la Département des neurosciences cliniques.
La série Apprenons des experts
Ici vous trouverez des contributions de modèles de rôles qui ont réussi ces délicats équilibres entre le travail, la santé et le bien-être ou donnent des conseils au sujet du développement personnel et professionnel.
Si vous connaissez un modèle de rôle dont le style de vie peut vous être bénéfique, contactez le bureau de l’ACMR et nous l’afficherons ici.
Vous pouvez lire les entrées precedents d’Apprenons des experts ici. Cliquez sur les titres ci-dessous:
Dix stratégies pour rester humain pendant la résidence
La rédaction et la soumission de votre manuscrit
Conseils sur l’alimentation et la nutrition pour les résidents sur appel ou sur quarts de travail
Sept conseils élémentaires pour « Je cherche un boulot !! »